Economie

Le principal aéroport du Cameroun s’apprête à un vaste chantier de transformation. Lors de sa réunion du 12 novembre 2025 à Douala, le conseil d’administration de Aéroports du Cameroun (ADC) a validé l’avant-projet détaillé du programme de rénovation de l’aérogare passagers de l’aéroport international de Douala (RAP-AID).
Le démarrage des travaux est programmé en juin 2026, avec une livraison prévue pour mai 2028.
Le coût global du projet est évalué à 75 milliards FCFA hors taxes, auxquels s’ajoutent 20,7 milliards FCFA de TVA et frais de douane, soit un total d’environ 95,7 milliards FCFA.
Le financement repose largement sur un prêt de l’Agence française de développement (AFD), en partenariat avec ADC.
Le projet s’articule autour de deux volets principaux :
L’extension des chaussées aéronautiques, confiée à la société chinoise China Harbour Engineering Company (CHEC) pour un montant de 10,4 milliards FCFA.
La modernisation complète de l’aérogare passagers (mise aux normes, améliorations des flux arrivées/départs, développement des zones commerciales, etc.).
L’objectif global est de porter la capacité annuelle de l’aérogare de 1,5 million actuellement à 2,5 millions de passagers, tout en relevant les standards de sûreté et de confort.
Ce chantier s’inscrit dans un contexte de montée en puissance du transport aérien et de modernisation des infrastructures au Cameroun. Pour ADC et l'État camerounais, plusieurs enjeux se dégagent :
Compétitivité aéroportuaire : L’aéroport de Douala doit pouvoir accueillir davantage de passagers et répondre aux exigences internationales, ce qui peut renforcer son rôle de hub régional.
Recettes non aéronautiques : Le développement de zones commerciales et de services dans l’aérogare vise à diversifier les revenus au-delà des redevances de piste et des passagers.
Impact sur l’emploi et l’économie locale : Un tel investissement stimule le secteur BTP, les services aéroportuaires et peut générer des effets multiplicateurs dans l’écosystème local.
Fiscalité et charge publique : Les 20,7 milliards FCFA de TVA et droits de douane seront à la charge de l’État camerounais, ce qui pose la question de la mobilisation des ressources publiques sans alourdir le budget.
Le chantier est prévu en deux phases distinctes, tout en maintenant l’exploitation de l’aéroport durant les travaux.
D’ici juin 2026, la phase dite « zéro » (études, préparation) doit être achevée, puis démarrage des travaux. Livraison envisagée en mai 2028.
Les défis sont néanmoins nombreux : respect des délais, coordination des intervenants, garantie de continuité d’exploitation, maîtrise des coûts et mobilisation du financement en contexte de contraintes budgétaires nationales.
Avec près de 96 milliards FCFA investis, ce projet de rénovation de l’aéroport international de Douala constitue un tournant dans la modernisation des infrastructures aériennes du Cameroun. Au-delà de l’amélioration opérationnelle, cette initiative pourrait jouer un rôle stratégique dans l’attractivité économique du pays et de la région. Reste à voir si les ambitions seront traduites dans les faits, dans les temps et dans les budgets annoncés.

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