Economie

L'économie camerounaise, dont l'agriculture est le pilier central (employant plus de 60 % de la population active et contribuant près de 30 % au PIB), fait face à une menace existentielle. L'information est tombée comme un couperet : le pays aurait enregistré des pertes agricoles massives s'élevant à 6 700 milliards de FCFA sur une période de 42 ans, principalement attribuables aux dérèglements et à la variabilité climatiques. Ce chiffre colossal, qui s'étale approximativement entre 1981 et 2023, révèle l'ampleur du choc économique infligé par le climat au "grenier de l'Afrique Centrale".
Pour mettre en perspective cette somme, 6 700 milliards de FCFA représentent plusieurs années du budget d'investissement public du Cameroun. C'est une saignée financière qui a considérablement entravé le développement et la modernisation du secteur agricole, le maintenant dans une vulnérabilité chronique. Les causes sont multiples, mais convergentes : sécheresses récurrentes dans les régions septentrionales, inondations dévastatrices dans les bassins fluviaux, et une variation imprévisible des saisons (décalage de la pluviométrie) qui perturbe les cycles de production traditionnels .
Cette situation affecte directement les cultures vivrières (maïs, manioc, riz, etc.) et les cultures de rente (cacao, café, coton). Les rendements diminuent, la qualité se dégrade, et les coûts de production augmentent, menaçant la sécurité alimentaire nationale et le pouvoir d'achat des populations, surtout les plus pauvres en milieu rural.
Face à ce péril, l'urgence n'est plus à la simple constatation, mais à une stratégie d'adaptation audacieuse et massive. Le Cameroun, à travers des entités comme l'Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC), a commencé à évaluer les risques et à esquisser des solutions.
Les investissements doivent impérativement se concentrer sur l'Agriculture Intelligente face au Climat (AIC). Cela passe par :
La mobilisation de 6 700 milliards de FCFA perdus aurait pu transformer le secteur. Le défi actuel est de canaliser des financements (nationaux et internationaux, publics et privés) vers ces solutions. Les partenariats public-privé (PPP) pour l'investissement dans les infrastructures rurales (stockage, transformation, logistique) et les technologies vertes sont vitaux.
Ces 42 années de pertes signalent une alerte rouge pour l'économie camerounaise. L'agriculture ne peut plus être traitée comme un secteur résiduel. Elle est au cœur de la sécurité, de la stabilité et de la croissance future. Le pays doit désormais passer d'une posture de victime climatique à celle de pionnier de la résilience pour garantir un avenir prospère à sa population. L'équation est simple : investir massivement dans l'adaptation ou accepter des pertes encore plus lourdes.

En Guinée, l’électricité devient le premier test économique du président Doumbouya
Publié le

L'Ouverture du marché chinois aux importantions africaines ravive l'espoir d'une balance d'échanges plus équilibrée.
Publié le

Airtel Africa dépasse les 179 millions de clients, révélant la nouvelle géographie du numérique africain
Publié le

Les Emirats débloquent 180 millions d'euros pour financer un centrale thermique au Burkina Faso
Publié le